Depuis plus de 3 000 ans, presque toutes les civilisations ont imaginé des créatures mi-femmes mi-poissons peuplant leurs eaux. Mais voilà un secret que peu de gens connaissent : la sirène n’a pas toujours eu sa queue de poisson. À l’origine, dans la Grèce antique, c’était une créature… mi-femme mi-oiseau ! De la Méditerranée à l’Afrique, du Japon au Chili, ce guide t’emmène dans un tour du monde de la mythologie des sirènes et des créatures marines légendaires. Et si en chemin l’appel de l’océan devient trop fort, tu peux toujours rejoindre la légende avec une queue de sirène bien réelle. 🧜♀️
- La sirène grecque d’origine était mi-femme mi-oiseau, la queue de poisson vient du Moyen Âge.
- Chaque continent a sa version : Mami Wata en Afrique, le Ningyo au Japon, Sedna en Arctique, la Pincoya au Chili.
- Aucune preuve scientifique, mais le mythe reste universel, et le mermaiding permet d’en vivre une version bien réelle.
Au sommaire de ce voyage :
- Qu’est-ce qu’une sirène dans la mythologie ?
- Les sirènes de la mythologie grecque
- Dieux de la mer : Poséidon, Triton et leur cour
- Sirènes d’Europe du Nord et celtiques
- Afrique, Orient et Caraïbes
- Asie : ningyo, princesses et poissons divins
- Amériques et Pacifique
- Les sirènes existent-elles vraiment ?
- FAQ mythologie des sirènes
Qu’est-ce qu’une sirène dans la mythologie ?
Dans la mythologie, une sirène est une créature aquatique à l’apparence partiellement humaine, presque toujours féminine, liée au pouvoir de l’eau : séduction, danger, fertilité ou protection. Deux grandes traditions coexistent :
- La sirène-oiseau de la Grèce antique : les Seirênes d’Homère, femmes-oiseaux au chant mortel qui attiraient les marins sur les récifs.
- La sirène-poisson (mi-femme mi-poisson), née au Proche-Orient avec la déesse Atargatis il y a 3 000 ans, popularisée au Moyen Âge en Europe du Nord — c’est elle qu’on connaît aujourd’hui.
Le glissement de l’une à l’autre s’est fait progressivement entre l’Antiquité tardive et le Moyen Âge, quand les bestiaires médiévaux ont définitivement donné à la sirène sa queue de poisson. Si tu te demandes à quoi ressemblerait une vraie sirène, on a même disséqué la question dans notre article sur l’anatomie d’une sirène et celui sur le corps de sirène. En attendant, la queue de poisson, elle, existe déjà pour de vrai :
Les sirènes de la mythologie grecque

Tout commence en Grèce. Dans l’Odyssée d’Homère, les Sirènes guettent Ulysse sur leurs rochers : leur chant promet la connaissance absolue, mais leur île est couverte d’ossements. Ulysse se fait attacher au mât pour les écouter sans succomber. C’est la plus célèbre histoire de sirènes jamais racontée, et pourtant ces sirènes-là avaient des ailes.
Mais la mer grecque déborde de créatures féminines bien plus bienveillantes, les nymphes des eaux :
- Les Néréides — les 50 filles de Nérée, le « Vieillard de la Mer », et de Doris l’Océanide. Protectrices des marins, elles chevauchent dauphins et hippocampes.
- Galatée — la Néréide « blanche comme le lait », aimée du cyclope Polyphème, l’une des plus belles histoires d’amour tragiques de la mythologie.
- Amphitrite — reine des mers, épouse de Poséidon.
- Thétis — mère d’Achille, qui plongea son fils dans le Styx.
- Les Océanides — les 3 000 filles d’Océan, et leurs cousines les Naïades, nymphes des eaux douces.
- La nymphe Daphné — fille d’un dieu-fleuve, changée en laurier pour échapper à Apollon.
Pour explorer toute cette famille aquatique, file lire notre guide des nymphes des eaux. Et impossible de parler de la Grèce sans évoquer la cité engloutie : l’Atlantide, le mythe sous-marin le plus tenace de l’Histoire.
Dieux de la mer : Poséidon, Triton et leur cour
Au sommet du panthéon marin trône Poséidon, dieu de la mer, des séismes et des chevaux, dont le trident soulève les tempêtes. Son fils Triton, mi-homme mi-poisson, est l’ancêtre direct de tous les tritons — jusqu’au Roi Triton de La Petite Sirène. La famille s’étend encore :
- Neptune — le Poséidon des Romains, et son épouse Salacia, déesse de l’eau salée.
- Kymopoléia — fille méconnue de Poséidon, déesse des tempêtes violentes.
- Les Ichtyocentaures — mi-hommes, mi-chevaux, mi-poissons, gardiens des profondeurs.
- Les dieux-fleuves — 3 000 frères des Océanides, un dieu pour chaque rivière du monde antique.
- Le lac Triton — l’étendue d’eau mythique de Libye où serait née Athéna.
Sirènes et créatures des eaux d’Europe du Nord

Quand le mythe remonte vers le nord, il se fait plus sombre et plus brumeux. Les eaux froides d’Écosse, d’Irlande et de Scandinavie regorgent de créatures fascinantes :
- La Selkie — phoque en mer, femme sur terre. Celui qui vole sa peau de phoque peut l’épouser… jusqu’au jour où elle la retrouve et retourne à l’océan.
- Le Kelpie — cheval des lochs écossais qui attire les imprudents sur son dos avant de plonger.
- La Merrow irlandaise — sirène au bonnet magique, sans lequel elle ne peut retourner sous l’eau.
- Les Finfolk des Orcades — sorciers métamorphes des profondeurs, et leurs cousines nordiques la Margygr, « géante de mer » des sagas vikings.
- La Ceasg — sirène-saumon des Highlands qui exauce trois vœux.
- La Rusalka slave — esprit des eaux à la beauté spectrale, âme des jeunes femmes noyées.
Côté continental, deux légendes francophones et germaniques dominent : Mélusine, la fée-serpente bâtisseuse dont le secret fut trahi un samedi de trop, et Ondine, l’esprit des eaux dont la malédiction hante encore la littérature (sans oublier sa cousine germanique la Nixe). Et dans les cabinets de curiosités de l’époque, on exposait même de fausses sirènes momifiées : les fameuses Jenny Haniver, fabriquées à partir de raies séchées.
Afrique, Orient et Caraïbes : les déesses des eaux

C’est au Proche-Orient qu’est née la toute première sirène-poisson de l’Histoire : Atargatis, déesse syrienne qui, par chagrin, se jeta dans un lac et prit une queue de poisson — 1 000 ans avant Homère.
En Afrique et dans sa diaspora, l’esprit des eaux est une figure de pouvoir :
- Mami Wata — « Maman de l’eau », vénérée de la Côte d’Ivoire au Congo : beauté irrésistible, python sacré sur les épaules, elle apporte fortune ou folie.
- Yemaya — orisha yoruba de la mer et de la maternité, devenue déesse majeure à Cuba et au Brésil avec la traite atlantique. Chaque 2 février, des milliers d’offrandes fleurissent sur ses plages.
Ces déesses ne sont pas des créatures qu’on chasse : ce sont des puissances qu’on honore, une vision de la sirène radicalement différente de celle des marins européens.
Asie : ningyo, princesses dragons et poissons divins

L’Asie a inventé des êtres aquatiques qui ne ressemblent à aucun autre :
- Le Ningyo japonais — « poisson-humain » au visage de femme et au corps de poisson. Manger sa chair rendrait immortel… mais le pêcher attire les tempêtes.
- Otohime — princesse du palais du dragon sous la mer, héroïne du conte d’Urashima Tarō, où trois jours sous l’océan valent 300 ans sur terre.
- Amabié — yokai marin à trois nageoires qui prédit les épidémies, redevenu viral au Japon en 2020.
- Matsya — premier avatar de Vishnou, poisson géant qui sauva l’humanité du déluge dans l’hindouisme.
- Les Nāgas — serpents divins des eaux en Inde et en Asie du Sud-Est, gardiens des trésors et des rivières.
- Suvannamaccha — la « sirène dorée » du Ramayana thaïlandais, qui tomba amoureuse du dieu-singe Hanuman.
Amériques et Pacifique : de la banquise à Chiloé

Tout en haut du continent, les Inuits racontent Sedna : jetée à la mer par son propre père, ses doigts coupés devinrent phoques, baleines et morses. Déesse mutilée et toute-puissante, c’est elle qui décide si les chasseurs mangeront cet hiver.
Tout en bas, l’archipel chilien de Chiloé possède la mythologie marine la plus riche d’Amérique du Sud :
- Le Millalobo — « Loup doré », roi des mers chilotes, mi-homme mi-loup marin.
- La Pincoya — sa fille, qui danse sur les plages : face à la mer, la pêche sera abondante ; dos à la mer, les filets resteront vides.
- Le Pincoy — son époux au chant envoûtant, et leur sœur la Sirena chilota, gardienne des poissons.
Et entre les deux ? Le XIXe siècle a même monnayé le mythe : la sirène des Fidji de P.T. Barnum, créature momifiée mi-singe mi-poisson, a trompé des milliers de visiteurs. Preuve que le monde entier voulait croire aux sirènes.
Les sirènes existent-elles vraiment ?
Question à un million d’écailles. Scientifiquement, aucune preuve d’existence des sirènes n’a jamais été validée : les « observations » historiques, de Christophe Colomb aux marins du Pacifique, correspondent presque toujours à des lamantins et dugongs — l’ordre des siréniens, ça ne s’invente pas. Les vidéos virales et documentaires « scientifiques » ? Des fictions assumées. Je ne sais pas toujours démêler, sur certains témoignages anciens, ce qui relève du vrai folklore local et ce qui a été enjolivé plus tard par des conteurs ou des marchands d’attractions. Ça ne m’empêche pas d’y croire un peu, à ma façon.
Mais le mythe, lui, est bien vivant, au point qu’on a tous les détails : comment les sirènes se reproduisent, pourquoi elles sont réputées dangereuses, et même la véritable histoire de la Petite Sirène d’Andersen — bien plus sombre que le dessin animé. Pour les fans de pop culture, on a aussi exploré les sirènes de Harry Potter et tout le peuple merfolk de la fantasy moderne.
Et toi, prête à rejoindre la légende ?
3 000 ans de mythes, des dizaines de civilisations, une seule constante : l’humanité a toujours rêvé de nager comme une sirène. La bonne nouvelle ? Aujourd’hui, ce n’est plus un mythe. Le mermaiding est un vrai sport aquatique, accessible dès 6-7 ans, et on t’explique pas à pas comment devenir une sirène. Il ne te manque que l’essentiel : une queue de sirène avec monopalme pour onduler comme Galatée, briller comme Mami Wata et régner comme Sedna. 🧜♀️✨
Foire aux questions — mythologie des sirènes
La plus ancienne sirène-poisson connue est la déesse syrienne Atargatis, il y a environ 3 000 ans. Les sirènes grecques d’Homère, elles, étaient des femmes-oiseaux : la queue de poisson ne s’est imposée en Europe qu’au Moyen Âge, via les bestiaires.
Dans la mythologie grecque, les Seirênes étaient des créatures hybrides femme-oiseau, parfois décrites comme des compagnes de Perséphone transformées pour la chercher après son enlèvement. Leur arme n’était pas la nage mais le chant, qui attirait les navires sur les récifs.
Aucune preuve scientifique n’existe. La plupart des observations historiques correspondent à des lamantins et des dugongs, les « vaches de mer » de l’ordre des siréniens. Le mythe reste pourtant universel : presque toutes les cultures côtières ont leur créature aquatique légendaire.
Les Sirènes d’Ulysse (Grèce), Atargatis (Syrie), Mami Wata (Afrique), Yemaya (Cuba/Brésil), la Selkie (Écosse), Mélusine (France), le Ningyo (Japon), Sedna (Arctique) et la Pincoya (Chili) comptent parmi les plus marquantes — chacune a son article détaillé sur ce blog.
La sirène est la créature mi-femme mi-poisson des mers. Les Néréides sont les nymphes marines grecques (sans queue de poisson), filles de Nérée. L’ondine est un esprit des eaux douces (lacs, rivières) du folklore germanique. Trois familles différentes, souvent confondues.
Oui — grâce au mermaiding, la nage avec une queue de sirène à monopalme. C’est un sport aquatique pratiqué en piscine dès 6-7 ans, sous surveillance. Découvre notre guide du mermaiding et nos queues de sirène pour nager.
